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Sidney Warburg

Sidney Warburg


Sidney Warburg est un auteur resté plus ou moins anonyme, faisant référence à la dynastie bancaire des Warburg (lui-même faisant certainement parti de cette dynastie) et ayant publié un essai De Geldbronnen van het nationaal-socialisme : drie gesprekken met Hitler (littéralement en français Les Origines financières du national-socialisme : trois conversations avec Hitler), qui évoque trois conversations entre l'auteur et Adolf Hitler.

Cet essai paru une première fois aux Pays-Bas en 1933 sous le titre De Geldbronnen van het nationaal-socialisme : drie gesprekken met Hitler, chez l'éditeur Van Holkema & Warendorf's Uitg.-Mij. NV. Il est signé Sidney Warburg, traduit par J.G. Schoup [Jean Gustave Schoup] et est rédigé en langue néerlandaise.

Le livre a été publié en allemand en 1947 chez un éditeur suisse, un épilogue ayant été ajouté daté octobre 1946. Il n'avait jamais été traduit en français avant 2017. Il a été traduit en langue française par Martin Swan et Philippe de Lacvivier, et publié chez les éditions Hades en 2017 sous le titre Les soutiens financiers secrets de Hitler. Il a aussi été traduit en langue anglaise sous le titre générique Hitler's Secret Backers (publié également chez les éditions Hades en 2017).

Éditions et auteurs

Pierre de Villemarest, entre autres, a évoqué en 1984 la parution aux Pays-Bas de cet opuscule, dont l'édition aurait presque aussitôt disparu des librairies car acheté en masse dès sa sortie et traitant des ressources financières du nazisme en 1929, 1931 et 1933, apparemment rédigé par un infiltré qui pourrait être d'après lui George Bell, agent de Henri Deterding, ou les frères Otto Strasser et Gregor Strasser, victimes de l'épuration au sein du NSDAP un an après la sortie de l’opuscule.

Franz von Papen évoque le livre dans ses mémoires en recommandant sa lecture4. Pour Henry Coston, Otto Strasser seul en est l'auteur. Henry Makow désigne James (Paul) Warburg comme le véritable auteur. Selon le journaliste Louis Kilzer, James Paul Warburg serait la personne désignée dans le livre servant d'intermédiaire.

Antony Sutton a recherché les rares exemplaires échappé aux mystérieux rachat de l’opuscule dès sa parution. Le British Museum lui a refusé l’accès du sien ; mais il a retrouvé un des originaux en Suisse. Sur la base duquel deux auteurs René Sonderegger et Werner Zimmernan, en rééditèrent une version en 1947. Sutton décrit le livre d'avant-guerre et un autre d'après guerre avec des commentaires ajoutés à connotations antisémites8. Dans sa deuxième version, avec les ajouts de fins, le livre désigne désormais parmi les financiers ayant financé ou contribué à financer le nazisme, des banquiers juifs, dont la famille Warburg. L'éditeur de la version anglophone Hitler's Secret Backers présente au contraire le livre comme un avertissement d'un membre de la famille Warburg voulant prévenir d'un déclenchement futur d'une guerre, les comploteurs étant tous non-juifs. Pour l'auteur E. R. Carmin, le livre est un témoignage factuel de même que pour Des Griffin. L'auteur Ben Peri évoque le thème dans un pamphlet.

Ce livre a été republié en 1983 sous le titre anglais Hitler's Secret Backers, il l'était précédemment sous le titre Financial Origins of National Socialism. Il s'agit d'une traduction en anglais faite depuis la traduction faite en Suisse du néerlandais vers l'allemand à Zurich, le 11 février 1947, par Rene Sonderegger. D'après lui, dans un écrit joint à l'édition anglaise actuelle, l'original aurait été traduit de l'anglais au néerlandais par un certain Jan Gustaaf Schoup, avec une lettre originale de Warburg l'accompagnant.

Résumé du livre

Sidney Warburg, qui est présenté par le traducteur de 1933 comme le fils d'un grand banquier américain de la Kuhn, Loeb & Co, et qui décrit une réunion s'était produite en juillet 1929 avec un certain « Carter » (John Ridgley Carter, ayant épousé Alice Morgan) le président de J.P. Morgan's Guarantee Trust, les dirigeants de la Réserve fédérale, « le jeune Rockefeller » (John Davison Rockefeller Junior) et « Glean de la Royal Dutch » (Henri Deterding). Il fut décidé que Warburg, qui parlait allemand, devait voyager en Allemagne et demander à Hitler de combien d'argent il avait besoin pour devenir chef d'état. La seule condition était qu'Hitler devait adopter une « politique étrangère agressive ». L'intention des commanditaires de Warburg n'est pas de causer une guerre entre la France et l'Allemagne, mais bien de causer une menace de guerre sur la France afin qu'elle coopère le plus possible afin de soutenir les affaires financières des États-Unis et de la Grande-Bretagne : au total 32 millions de dollars auraient été transférés dns les caisses du NSDAP.

Sidney Warburg détaille trois réunions avec Hitler entre 1929 et 1933.

1929

La première réunion eu lieu dans une brasserie et Hitler calcula ses besoins sur une feuille de papier avec l'aide d'un certain Von Heydt. Il ressort du livre qu'Hitler aurait reçu près de 10 millions de dollars en 1929. Il s'agissait d'un montant extrêmement important en cette époque de dépression économique car les nazis donnaient de la nourriture et un abri à de nombreux sympathisants. Hitler ne fut pas prévenu de la raison de leur aide et ne le demanda pas. En une occasion il aurait demandé à haute voix si « Warburg » était lui-même juif, mais aurait rejeté l'idée avant qu'il ne puisse répondre.

1931

En octobre 1931, Warburg reçu une missive d'Hitler lui annonçant que l'intégralité des 10 millions étaient dépensés et qu'il avait besoin d'un nouveau financement. De retour en Allemagne, il rencontre à nouveau Hitler à son domicile oú celui-ci lui demande « 500 millions de marks pour faire une révolution ou 200 millions de marks pour faire une prise de pouvoir légale ». Warburg, après avoir télégraphié à ses banquiers le message, reçoit un refus qu'il transmet. Il reçoit alors la visite de Hermann Göring et Julius Streicher et, littéralement, se fait prendre à partie par Göring qui lui reproche son avarice. Après en avoir reporté à Hitler en se plaignant du comportement de son lieutenant, il reçoit une lettre d'excuse de Göring, puis la visite de Von Heydt et Gregor Strasser. Il finit par leur transmettre la réponse définitive de ses commanditaires: 15 millions de dollars au maximum. Le montant est divisé en trois virements: l'un chez Mendelsohn & Co., Amsterdam, oú il y voyage avec Von Heydt, l'autre chez la Rotterdamsche Bankvereniging, Rotterdam, où il s'y rend avec Gregor Strasser, et le troisième à la Banca Italianna à Rome avec Göring. À Rome, Italo Balbo et Cesare Rossi les reçoivent, lui et Göring.

1933

Warburg se trouve à Berlin le jour de l'Incendie du Reichstag. Le soir même, il rencontre Göring et Goebbels, il finit par rencontrer Hitler. En cette autre occasion Hitler lui demande s'il est juif, mais y répond lui-même encore en disant qu'il porte un nom allemand. Finalement, les commanditaires de Warburg promettent à Hitler 7 millions de dollars, dont deux payables directement à Warburg via la Rhenania Joint Stock Co., la branche allemande de la Royal Dutch à Dusseldorf. Le livre s'achève sur des considérations de Warburg ne prédisant rien de bon sur les conséquences de ces virements d'argent au NSDAP et sur l'accession d'Hitler au pouvoir.

Épilogue du livre

Le live se conclut par un épilogue non signé, daté « octobre 1946 », qui n'est pas de Sydney Warburg. Selon l'auteur de cet épilogue, 10 millions de dollars en 1929 furent virés au NSDAP depuis la banque Kuhn, Loeb & Co26, alors que l'auteur du livre ne la cite pas nommément. L'épilogue évoque également Joseph Goebbels, qui, dans son livre-journal Von Kaiserhof zur Reichskanzlei, notait au 20 février 1933 : « Nous sommes en train de lever des fonds importants qui résoudront tous nos problèmes financiers d'un coup ». On ignore si cette exclamation jubilatoire de Goebbels se réfère à cette hypothétique transaction évoquée ici.

 


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