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Pauwels Louis

Pauwels Louis

 

Louis_Powels_180x230Louis Pauwels (1920-1997) est un journaliste et écrivain français. Il a été élevé par son beau-père Gustave Bouju, artisan tailleur du fait du remariage de sa mère française. Rédacteur en chef de Combat en 1949, il dirige le mensuel Marie-France, puis fonde avec Jacques Bergier la fameuse revue Planète, consacrée à la science, à la philosophie et à l’ésotérisme, qu’il dirigera pendant six ans. L’amour monstre écrit en 1954 et Le Matin des magiciens, co-écrit avec Jacques Bergier en 1960, constituent ses œuvres majeures. En 1978, il fonde le Figaro Magazine dont il prend la tête jusqu’en 1993. Revenu à la foi catholique, il a pris ses distances avec la revue Planète : Alain de Benoist (GRECE) lui dédia ainsi son livre Comment peut-on être païen ? en 1981, peu avant sa conversion de novembre 1982 à Acapulco, provoquée par un accident que Louis Pauwels jugeait incompréhensible. Il continue à écrire sa vie durant et certains de ses manuscrits restent à ce jour non publiés. Il fait sa dernière apparition télévisée en 1996 dans Le Cercle de minuit (émission de télévision culturelle quotidienne diffusée en direct chaque soir en France). La télévision française s’est intéressée à plusieurs reprises tant au personnage qu’à son œuvre. Le 31 juillet 1977, la chaîne de télévision FR3 lui consacre un reportage dans la collection L’Homme en Question. Un peu plus de dix ans plus tard, en 1988, c’est Michel Polac qui l’interviewe pour un documentaire publié dans la collection Libre Échange. Il meurt à Suresnes le 28 janvier 1997 d’une crise cardiaque. Sa femme, Elina Pauwels, a fait don en 2006 à la Bibliothèque nationale de France des manuscrits, lettres et autres archives, qui constituent désormais le fonds Louis Pauwels.

 

Biographie

Louis Pauwels a été élevé par son beau-père Gustave Bouju, artisan tailleur du fait du remariage de sa mère française. Louis Pauwels prononçait lui-même son nom « Povels » et indiqua à Jacques Chancel dans une de ses Radioscopie que c'était ainsi qu'il fallait le prononcer, même si la prononciation exacte en néerlandais eût été « Pôls ». Instituteur à Athis-Mons de 1939 à 1945 (licence de Lettres interrompue au début de la guerre), il commence sa carrière littéraire en publiant dans de nombreuses revues littéraires françaises mensuelles dès 1946 (Esprit, Variété, etc.) et durant les années 1950. Louis Pauwels se marie en premières noces avec Suzanne Brégeon. Ils ont une fille, Marie-Claire, journaliste qui obtint le prix Roger-Nimier en 2003 pour Fille à papa, une biographie de son père ; et un fils, François, patron pêcheur à Trouville puis restaurateur à Paris. Il épouse en secondes noces l'actrice Élina Labourdette, avec qui il adopta une fille, Zoé. Il meurt à Suresnes le 28 janvier 1997 d'une crise cardiaque. Il est enterré au cimetière du Mesnil-le-Roi (Yvelines).

 

Les débuts

À la Libération, il participe à la fondation de « Travail et Culture » en 1946 (proche du PCF, destinée à la culture des masses, dont il est le secrétaire), puis entre dans les groupes Gurdjieff en 1948 pour quinze mois, à l'issue desquels il devient rédacteur en chef de Combat en 1949 et éditorialiste au quotidien Paris-Presse. Il dirigera (entre autres) la Bibliothèque Mondiale (précurseur du « Livre de Poche »), Carrefour, le mensuel féminin Marie Claire, et la revue Arts et Culture en 1952. Il publie pendant cette période plusieurs romans, dont le très remarqué L'Amour monstre, qui sont considérés comme des romans d'avant-garde, malgré leur style plutôt classique. L'Amour monstre reçut des voix au Prix Goncourt 1955 et est cité par Serge Gainsbourg dans sa célèbre chanson « Initials B.B. ». Ingmar Bergman envisage l'adaptation cinématographique du roman en 1973, avec Jeanne Moreau et sous le titre de Les Monstres de la vie mais le projet n'aboutit pas.

 

Le Matin des magiciens.

Jacques Bergier et Louis Powels

Avec Jacques Bergier (rencontré en 1954 alors qu'il était directeur littéraire de La Bibliothèque Mondiale), il écrivit en 1960 Le Matin des magiciens, et en 1970 la suite interrompue de L'Homme éternel. Le livre Le Matin des magiciens est truffé de fictions : par exemple, Karl Haushofer ne s'est jamais rendu au Tibet et l'ensemble des assertions de cet ouvrage, attribuant à Haushofer une influence ésotérique sur l'idéologie nazie — utilisation du svastika, création du corps des SS, membre de sociétés secrètes ésotériques telles que l'Ordre de Thulé et la Société du Vril, contact avec l'ordre hermétique de l'Aube dorée — ont été réfutées par les travaux de Hans-Adolf Jacobsen. À la suite du succès du Matin des magiciens, Bergier et Pauwels créent la revue Planète, valant à Louis Pauwels la célébrité et créant un engouement en France pour le paranormal, les civilisations disparues et les mystères de la science.

 

Contribution à la diffusion en France de la science-fiction et du paranormal : la revue Planète.

Toujours avec Bergier (ainsi que François Richaudeau), il fonde en octobre 1961 la revue bimestrielle Planète (environ 150 pages, d'un format carré de 17 × 17 cm), qui paraîtra jusqu'en mai 1968. Elle sera relancée la même année sous le titre Le Nouveau Planète ; 64 numéros au total entre les deux éditions. Diverses études hors-série plus fouillées seront publiées dans une collection par auteurs appelée « Encyclopédie Planète » (chaque volume comptant environ 250 pages — une trentaine de volumes) et les 17 « Anthologies Planètes » déléguées à Jacques Sternberg regrouperont de courts textes d'auteurs sur un sujet donné.
L'ufologue Aimé Michel, appartient lui aussi à la rédaction de Planète. La revue Planète joue un rôle clef dans la diffusion de la littérature de genre. En 1962, Louis Pauwels et Jacques Bergier sont interviewés par la R.T.B.F dans un sujet intitulé Le fantastique : littérature et fantastique. La même année ils donnent en compagnie de Jean Charon et Jean-Louis Barrault. une conférence sur le réalisme fantastique au théâtre de l'Odéon. L'année suivante la conférence est éditée en 33 tours.
Le succès de la revue Planète et du concept de Réalisme fantastique est tel que Louis Pauwels peut développer un petit groupe de presse, les éditions Retz, qui publie deux autres revues, Plexus, magazine érotique, et Pénéla, magazine féminin, tous deux sur le même format carré et à dos carré que Planète, dont la promotion est assurée par le slogan La première revue de bibliothèque. Planète connaît une douzaine d'éditions en langue étrangère et suscite des débats de 1961 à 1970, les uns, comme Umberto Eco (« La Guerre du Faux ») ne voyant dans la revue qu'une imposture intellectuelle et scientifique, les autres (dont Henri Laborit) appréciant son anticonformisme et son apport à une société française alors en pleine mutation. La polémique est aujourd'hui largement éteinte et Planète est considérée par certains comme une revue de haute tenue, dont les approximations dans l'information, les délires ésotériques ou ufologiques, les apologies de la drogue étaient en partie compensés par un rédactionnel et une iconographie en phase avec son temps.
Elle contribua également à faire mieux connaître du grand public des auteurs comme Borges, Keyes, Clarke, Sheckley et Brown. Parmi les contributions de Louis Pauwels à une meilleure connaissance en France de la science-fiction, on citera son adaptation théâtrale des Chroniques martiennes de Ray Bradbury. Le projet a connu différentes péripéties. Initialement prévu pour l'Odéon dans une mise en scène de Jean-Louis Barrault et Jean-Pierre Grandval, il est arrêté en cours de montage pour être repris en 1974 par la compagnie du Théâtre Poétique National4. Le spectacle a fait l'objet d'une captation par FR3, toujours en 1974, dans une réalisation de Renée Kammerscheit diffusée le 13 décembre 1974. Toujours dans le registre de la science-fiction, il interviewe René Barjavel en 1977 sur FR3 dans l'émission L'Homme en Question animée par Anne Sinclair. Il avait déjà, le 8 janvier 1969, participé à l'émission En Toutes Lettres autour du roman La Nuit des temps du même auteur.
Durant cette même période, il fait preuve d'un intérêt renouvelé pour la spiritualité et participe, le 21 janvier 1974, à une émission de l'ORTF consacrée aux gnostiques.
Il continuera durant toute sa carrière à faire vivre la mémoire de ce courant le réalisme fantastique qu'il a contribué à créer. Il participe, en 1989, avec Jacques Bergier5 à une série de dix émissions de la série Par 4 Chemins sur Radio-Canada consacrées à la philosophie du « Nouveau Planète ». Quelques semaines plus tôt, il prenait part dans l'émission Apostrophes de Bernard Pivot à « La soirée des Magiciens ».

 

Du Journal du dimanche au Figaro Magazine

Louis Pauwels arrête Planète au début des années 1970, lassé de répéter une formule qui était de toute façon tombée dans le domaine public, aussi bien dans la forme (la revue de même format Janus) que dans le contenu (la série des livres L'aventure mystérieuse des éditions J'ai lu). Durant cette période de sa carrière principalement consacrée à la littérature, il a conservé des activités de journalisme politique. le 11 octobre 1959 à la télévision il interviewe Michel Debré, alors 1er ministre. La même année, le 9 novembre, il interviewe Guy Mollet lors de l'investiture présidentielle de Charles de Gaulle. Le 25 novembre 1960, Pauwels interviewe Maurice Papon, préfet de police de Paris, faisant un portrait de lui en tant que « philosophe humaniste » ; Papon vient de publier L'Ère des responsabilités, un an avant le massacre du 17 octobre 19616. En 1961, il interviewe Louis-Ferdinand Céline.
À partir de 1970, il appartient au comité de patronage de Nouvelle École.
Après l'arrêt de Planète, il se concentre alors sur une nouvelle revue, Question de, orientée uniquement sur la spiritualité. Il anime aussi des émissions télévisées. Dans L'invité d'un autre monde, il interviewe chaque samedi après-midi entre 1974 et 1975. une personnalité. Parallèlement il rédige de nombreux articles pour Le Journal du dimanche en 1975-1976.
En 1977, il prend la direction des services culturels du Figaro, où il établit les bases du Figaro Magazine, hebdomadaire dont il prend la tête jusqu'en 1993.
En février 1978, il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés8. Fin 1986, lors des manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet, Pauwels se déchaîne dans Le Figaro contre les manifestants qu'il affirme atteints de « sida mental ».
En 1979, il participe à la rédaction sous le pseudonyme collectif de « Maiastra » de Renaissance de l'Occident ?, paru chez Plon.
Membre fondateur de la Fondation Marcel et Monique Odier de psycho-physique à Genève en 1992 avec Gabriel Veraldi et Rémy Chauvin, il fut aussi la même année le 1er parrain de Nouvelles, l’École du journalisme à Nice, école privée non reconnue par la profession.

 

Le retournement

Revenu à la foi catholique, il a pris ses distances avec sa période Planète ; Alain de Benoist (GRECE) lui dédia ainsi son livre Comment peut-on être païen ? en 1981 (Éd. Albin Michel), peu avant sa conversion de novembre 1982 à Acapulco, provoquée par un accident que Louis Pauwels jugeait incompréhensible.
Il continue à écrire sa vie durant et certains de ses manuscrits restent à ce jour non publiés comme Le jour des révélés (1941) ou La place des ailes (1975). Il fait sa dernière apparition télévisée en 1996 dans Le Cercle de minuit animé par Laure Adler. La télévision s'est intéressée à plusieurs reprises tant au personnage qu'à son œuvre. Le 31 juillet 1977, FR3 lui consacre un reportage dans la collection « L’Homme en Question », suivi d'un débat animé par Paul Giamoli. Un peu plus de dix ans plus tard, en 1988, c'est Michel Polac qui l'interviewe pour un documentaire publié dans la collection « Libre Échange », MK2 éditions (Marin Karmitz prod.)

 

Publications

- Saint quelqu'un, Paris, Le Seuil, 1946. Pauwels L., Les Voies de petite communication, Paris, Le Seuil, 1949.
- Les Voies de petite communication, illustrations de Robert Lapoujade, préface de François Mauriac, Le Seuil, 1949
- Paris des rêves, Lausanne, Éd. Clairefontaine, 1950.
- Le Château du dessous, Paris, Gallimard, 1952.
- L'Amour monstre, Paris, Le Seuil, 1955.
- Monsieur Gurdjieff : documents, témoignages, textes et commentaires sur une société initiatique contemporaine, Paris, Seuil 1954.
- Le Matin des magiciens : introduction au réalisme fantastique, avec J. Bergier, Hades éditions 2019.
- L'Homme éternel, avec J. Bergier, Paris, Gallimard, 1970.
- La Roulette du Bon Dieu : incroyables mais vraies, 200 histoires, avec Q. Pol, Paris, Hachette, 1971.
- Président Faust. textes et poèmes originaux du film de Louis Pauwels et Jean Kerchbron, Paris, Albin Michel, 1974.
- Blumroch l'admirable, ou Le déjeuner du surhomme, Paris, Gallimard, 1976.
- Histoires fantastiques, avec G. Breton, Paris, Albin Michel, 6 tomes publiés entre 1977 et 1983.
- Catalogue de l'exposition Dali, Bruxelles, Éd. de la Connaissance, 1956.
- Les Passions selon Dali, Paris, Denoël, 196812.
- Les Derniers Jours de la monogamie, avec L. Havas, Éd. Mercure de France 196913. Pauwels L., Lettre ouverte aux gens heureux et qui ont bien raison de l'être, Paris, éd. Albin Michel, 197114.
- La Confession impardonnable , Éd. Mercure de France, 1972.
- Louange du tabac , Éd. Trinckvel, 1972.
- Ce que je crois, Paris, Grasset, 1974.
- (dir.), L'Arche de Noé et les naïfs, Éditions Max Fournt, 1977.
- Nouvelles histoires magiques, avec G. Breton, Paris, Albin Michel, 1978.
- Comment devient-on ce que l'on est ?, Paris, Stock, 1978.
- L'Apprentissage de la sérénité, Paris, Retz, 1978.
- Le droit de parler, Paris, Albin Michel, 1981.
- La liberté guide mes pas : chroniques, 1981-1983, Paris, Albin Michel, 1984.
- Dali m'a dit, Paris, Carrère, 1989.
- Dix ans de silence : poésies, Paris, Grasset, 1989.
- Les Orphelins, Paris, Éditions de Fallois, 1994.
- Les Dernières Chaînes , Monaco, Éditions du Rocher, 1997.
- Un jour, je me souviendrai de tout, Monaco, Éditions du Rocher, 2005.

 


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